Les espèces en péril, oubliées de la nouvelle loi sur la chasse – Loi sur la chasse NON!
Loi d'abattage – Non! – 17 mai 2020
2. septembre 2020

Les espèces en péril, oubliées de la nouvelle loi sur la chasse

OPINION. Le professeur de biologie Raphaël Arlettaz se demande s’il ne serait pas judicieux que le peuple retourne sa copie au parlement fédéral, avec le mandat d’élaborer une loi digne des véritables enjeux auxquels doit faire face la biodiversité en déclin

Le 27 septembre, le peuple suisse sera appelé à se prononcer sur la nouvelle loi sur la chasse, la protection des oiseaux et mammifères sauvages (LCh). Conçue par l’ancien parlement, cette loi paraît rétrograde sur plusieurs points. Alors qu’elle entend viser la trilogie protection-régulation-chasse, elle se focalise surtout sur la régulation, avec en point de mire les grands prédateurs, en particulier le loup, occultant largement la question de la protection des espèces en péril.

En préambule, la nouvelle LCh veut renommer «sites de protection de la faune» nos ancie ns districts francs au sein desquels toute chasse était jusqu’ici prohibée. Paradoxalement, la régulation du loup et du bouquetin (chasse aux trophées) y serait dorénavant autorisée!
Cette nouvelle appellation est donc trompeuse et mensongère. Ceci signifie aussi que la pression de chasse sera accrue dans les derniers havres de paix de la grande faune sauvage.

La nouvelle LCh fait malheureusement fi du principe de durabilité qu’elle s tipu le pourtant en préambule. Cer taines espèces en déclin restent toujours chassab les, à l’exemple de la bécasse, du tétras-lyre et du lago pèdealpin.
Cette dernière espèce,aussi appelée «perdrix des neiges», a vu ses effectifs fondre de moitié dans les Alpes de Suisse occidentale au cours des trois dern ières décennies, notamment en raison du réchauffement clim atique. Pourta nt, le nombre de lagopèdestirés en Valais a doublé durant la même période, un chasseur pouvant toujours tirer jusqu’à huit exemplaires par année! Cet anachronisme n’a pas été corrigé dansla nouvelle loi, le parlement semblant insensible au sort précaire des espèces les plus emblématiq ues et les plusen péril de la faune de montagne.

Continuer Le Temps, 1 septembre 2020